| Accueil | Inscrivez-vous | Contact | 16/09/2008 |
Moins nombreux mais des inégalités socioéconomiques qui perdurent et s’affermissent* :
55% ont 60 ans et plus et sont retraitésUn équipement technologique faible* :
Peu équipés en multimédia et un usage réduit du mobile (voix et SMS)Un entourage connecté**
Les utilisateurs d’internet représentent aujourd’hui 60% des Aquitains, et 69% des non internautes ont des internautes dans leur environnement proche. Toutefois plus de la moitié d’entre eux n’a jamais observé les proches utiliser un ordinateur ou internet.Une faible connaissance d’internet et de l’ordinateur**
78% n’ont eu aucune formation à l’informatique et 95% à internetUne confiance en soi technique et une complexité perçue qui varient selon les types de populations**
41% déclarent n’avoir pas du tout ou plutôt pas confiance en eux pour utiliser un ordinateur, 44% pour utiliser internetDes attitudes et représentations majoritairement positives face à internet et aux TIC***
87% se déclarent plutôt ou tout à fait favorable au développement d’internet dans la sociétéLes attitudes ne constitueraient donc pas des freins ou des entraves à l’utilisation d’internet et les réfractaires idéologiques sont très peu nombreux dans nos enquêtes. Toutefois lorsqu’on se recentre sur les individus, une majorité d’entre eux (60%) déclare internet pas du tout ou plutôt pas compatible avec leur vie quotidienne. Dans l’ensemble, l’incompatibilité perçue et la comparaison désavantageuse avec les internautes laissent à penser que les non internautes ont tendance à s’auto-exclure des utilisateurs potentiels.
Les non internautes se caractérisent principalement par une surreprésentation des seniors et des populations au niveau socioéconomique faible. Pour autant, l’âge et le niveau socioéconomique n’expliquent pas en tant que tels la non utilisation d’internet. Les facteurs explicatifs sous-jacents à la surreprésentation de ces populations sont l’activité professionnelle, le niveau de formation et la formation à l’informatique, l’environnement social et technologique ainsi que les représentations des internautes-types diffusées dans la société. Les seniors comme les employés, ouvriers ou inactifs, n’ont souvent pas bénéficié de formations à l’informatique, n’ont pas d’activités professionnelles qui nécessitent ou motivent cet apprentissage, ont peu de primo accédants et d’experts dans leur environnement social, et ne correspondent ni aux cadres supérieurs hyper-connectés et diplômés, ni à la nouvelle génération très à l’aise avec les technologies, que les médias nous donnent à voir comme principales représentations des internautes. Les facteurs d’exclusion se combinent alors à une auto-exclusion et internet devient « trop compliqué » et « inutile pour moi ».
En ce qui concerne les intentions futures d’utilisation d’internet , plus l’âge est élevé et plus les positions des non internautes se radicalisent et se traduisent par un refus d’utilisation d’internet. En ce qui concerne la catégorie socioprofessionnelle, le fait d’être en activité ou inactif est lié à l’intention d’utilisation plus que le type d’emploi et le niveau d’étude des actifs. Pour les cadres intermédiaires et supérieurs et les diplômés, ils sont réfractaires et disent qu’ils n’utiliseront jamais ou au contraire qu’ils vont devenir internautes sous peu, il n’y a pas de positions intermédiaires.
* Données issues de l’enquête AEC (n=801 sur les 2003 personnes interviewées par téléphone)
** Données issues de l’enquête GRECO (n=307 personnes interviewées par téléphone en janvier 2008) d’après le CREDOC (enquête 2008)
*** La majorité (242/307) des non internautes dont le foyer est dépourvu d’une connexion considère que l’utilisation personnelle de l’outil est indissociable d’une connexion au foyer. Seul un petit nombre de personnes (8/242) envisagent de se connecter uniquement pour leur foyer sans pour autant envisager une utilisation personnelle.
Une majorité des non utilisateurs ne pense jamais se connecter
63 % des non internautes sont encore très réticents à l’utilisation d’internet et déclarent qu’ils ne l’utiliseront probablement jamais à l’avenir.Les réfractaires déclarent qu’ils n’utiliseront jamais internet directement
Parmi eux, seuls 65% sont réellement exclus d’internet, les autres sont majoritairement utilisateurs indirects et minoritairement réfractaires idéologiques.Les utilisateurs potentiels distants déclarent ne pas s’intéresser à internet pour le moment mais ne refusent pas l’idée d’être connectés un jour s’ils en éprouvent le besoin ou si leurs proches ne le font plus pour eux.
Les utilisateurs potentiels distants sont globalement un peu plus jeunes que les réfractaires, sont encore en activité, ont souvent un enfant au foyer, sont mieux équipés en TIC. Ils ont une confiance en eux moyenne même s’ils ont une connaissance faible des techniques et contenus d’internet et redoutent la complexité de l’utilisation.Les 10% de quasi-utilisateurs devraient augmenter le nombre des internautes l’année prochaine.
Ils sont majoritairement âgés de 30 à 44 ans et de 15-29 ans.On sait depuis les années 1940 (Lewin, 1947) que l’information, la sensibilisation et l’accompagnement par les pairs, dans le cadre d’échanges, sont bien plus susceptibles de modifier les comportements que la contrainte ou la réception passive d’informations médiatiques ou de discours d’experts. Les individus sont également d’autant plus enclins à modifier leurs comportements que des personnes qui leur ressemblent ont adopté le changement avant eux avec succès. Aujourd’hui les médias et la société se représentent et mettent en scène un internaute de la classe moyenne ou des classes favorisées, jeune cadre dynamique utilisant les technologies numériques au travail et pour ses besoins personnels, ou une nouvelle génération élevée avec l’informatique, naviguant avec une grande facilité sur internet dans le cadre de ses études ou pour des chats interminables entre amis. Les populations non internautes, majoritairement plus âgés et issues des classes populaires ne se retrouvent pas dans ses images – clichés qu’on leur donne à voir, parce que ni les profils ni les usages ne leur correspondent. Cette vision d’internet et de ses utilisateurs génère de l’exclusion et de l’auto-exclusion et freine largement l’adoption.
Les freins les plus communément évoqués par les non internautes sont le manque de visibilité sur l’intérêt d’internet pour eux, le manque ou l’absence d’expérience de l’ordinateur et l’angoisse technique qui en découle, l’impossibilité de tester avant de franchir le pas seuls.
L’action publique doit permettre d’accompagner – au vrai sens du terme – l’apprentissage progressif de l’ordinateur et d’internet. En informant différemment et plus largement sur les contenus et service disponibles en ligne et en proposant des espaces d’apprentissages et de découverte d’internet plus attrayants. Enfin, pour ceux – les plus âgés –qui ne souhaitent pas s’investir dans l’apprentissage d’internet est trop lourd, il faut d’une part les informer bien plus sérieusement sur ce qu’internet pourrait leur apporter, d’autre part proposer des services d’utilisation indirecte dans les lieux d’accès publics. Il s’agit ici de permettre aux catégories qui n’utiliseront jamais elles-mêmes et qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas s’appuyer sur leur réseaux social, de bénéficier malgré tout des contenus et services disponibles et également de modifier la perception commune et partagée selon laquelle l’ère du numérique est réservée aux autres et qu’ils en sont exclus.
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