Accueil | Inscrivez-vous | Contact 16/09/2008
NON-INTERNAUTES-AQUITAINS.COM

Synthèse des principaux résultats

1. QUI SONT LES NON UTILISATEURS D’INTERNET EN AQUITAINE ?

Ils représentent 40% des aquitains (contre 50% l’année dernière)

Moins nombreux mais des inégalités socioéconomiques qui perdurent et s’affermissent* :

55% ont 60 ans et plus et sont retraités
77% appartiennent à un foyer sans enfant
76% ont un niveau d’étude inférieur au bac et 35% sont employés, ouvriers ou professions intermédiaires
53% perçoivent leur niveau de vie comme difficile voir très difficile (contre seulement 11% qui estiment avoir un niveau de vie confortable)
Ces données sont comparables aux statistiques nationales : les inégalités se sont réduites entre 2006 et 2007 , avec une progression plus importante du taux de pénétration d’internet chez les catégories traditionnellement sous-équipées. Cependant, aujourd’hui encore, plus de 80% des non internautes français ont un niveau de formation inférieur au Bac, la moitié a plus de 60 ans et 40% appartiennent à des foyers disposant de moins de 1500€ par mois.

Un équipement technologique faible* :

Peu équipés en multimédia et un usage réduit du mobile (voix et SMS)
83% n’ont pas d’ordinateur et n’envisagent pas de s’équiper pour le moment
76% des ménages qui ont un ordinateur ne souhaitent pas se connecter rapidement

Un entourage connecté**

Les utilisateurs d’internet représentent aujourd’hui 60% des Aquitains, et 69% des non internautes ont des internautes dans leur environnement proche. Toutefois plus de la moitié d’entre eux n’a jamais observé les proches utiliser un ordinateur ou internet.

Une faible connaissance d’internet et de l’ordinateur**

78% n’ont eu aucune formation à l’informatique et 95% à internet
71% n’ont jamais utilisé internet
55% ont une mauvaise connaissance des aspects techniques d’internet (qu’est-ce qu’un mail, un site web, un moteur de recherche, un blog…)
Peu de connaissance des contenus et services proposés en ligne.

Une confiance en soi technique et une complexité perçue qui varient selon les types de populations**

41% déclarent n’avoir pas du tout ou plutôt pas confiance en eux pour utiliser un ordinateur, 44% pour utiliser internet
42% perçoivent internet comme plutôt ou tout à fait compliqué. La perception de la complexité provient, pour le tiers des répondants, de l’expérience ou non de l’ordinateur, pour 20% des termes techniques utilisés et de la recherche d’information sur internet, pour 16% de l’idée même d’internet. Les populations seniors et inactives sont les plus sensibles à la complexité de l’outil alors que les plus jeunes et les actifs montrent une bonne confiance en eux technique.

Des attitudes et représentations majoritairement positives face à internet et aux TIC***

87% se déclarent plutôt ou tout à fait favorable au développement d’internet dans la société
60% disent apprécier les nouveautés technologiques, 34% sont indifférents
Enfin 80% trouvent que les internautes sont avantagés (économiquement, dans leurs relations familiales, loisirs, recherches d’emploi) par rapport aux non internautes.

Les attitudes ne constitueraient donc pas des freins ou des entraves à l’utilisation d’internet et les réfractaires idéologiques sont très peu nombreux dans nos enquêtes. Toutefois lorsqu’on se recentre sur les individus, une majorité d’entre eux (60%) déclare internet pas du tout ou plutôt pas compatible avec leur vie quotidienne. Dans l’ensemble, l’incompatibilité perçue et la comparaison désavantageuse avec les internautes laissent à penser que les non internautes ont tendance à s’auto-exclure des utilisateurs potentiels.

Les non internautes se caractérisent principalement par une surreprésentation des seniors et des populations au niveau socioéconomique faible. Pour autant, l’âge et le niveau socioéconomique n’expliquent pas en tant que tels la non utilisation d’internet. Les facteurs explicatifs sous-jacents à la surreprésentation de ces populations sont l’activité professionnelle, le niveau de formation et la formation à l’informatique, l’environnement social et technologique ainsi que les représentations des internautes-types diffusées dans la société. Les seniors comme les employés, ouvriers ou inactifs, n’ont souvent pas bénéficié de formations à l’informatique, n’ont pas d’activités professionnelles qui nécessitent ou motivent cet apprentissage, ont peu de primo accédants et d’experts dans leur environnement social, et ne correspondent ni aux cadres supérieurs hyper-connectés et diplômés, ni à la nouvelle génération très à l’aise avec les technologies, que les médias nous donnent à voir comme principales représentations des internautes. Les facteurs d’exclusion se combinent alors à une auto-exclusion et internet devient « trop compliqué » et « inutile pour moi ».

En ce qui concerne les intentions futures d’utilisation d’internet , plus l’âge est élevé et plus les positions des non internautes se radicalisent et se traduisent par un refus d’utilisation d’internet. En ce qui concerne la catégorie socioprofessionnelle, le fait d’être en activité ou inactif est lié à l’intention d’utilisation plus que le type d’emploi et le niveau d’étude des actifs. Pour les cadres intermédiaires et supérieurs et les diplômés, ils sont réfractaires et disent qu’ils n’utiliseront jamais ou au contraire qu’ils vont devenir internautes sous peu, il n’y a pas de positions intermédiaires.


* Données issues de l’enquête AEC (n=801 sur les 2003 personnes interviewées par téléphone)
** Données issues de l’enquête GRECO (n=307 personnes interviewées par téléphone en janvier 2008) d’après le CREDOC (enquête 2008)
*** La majorité (242/307) des non internautes dont le foyer est dépourvu d’une connexion considère que l’utilisation personnelle de l’outil est indissociable d’une connexion au foyer. Seul un petit nombre de personnes (8/242) envisagent de se connecter uniquement pour leur foyer sans pour autant envisager une utilisation personnelle.


2. LES CHIFFRES GENERAUX SUR LES NON INTERNAUTES RECOUVRENT DES REALITES TRES DIFFERENTES

Une majorité des non utilisateurs ne pense jamais se connecter

63 % des non internautes sont encore très réticents à l’utilisation d’internet et déclarent qu’ils ne l’utiliseront probablement jamais à l’avenir.
Seuls 15% d’entre eux souhaitent se connecter dans l’année à venir et 10% n’en rejettent pas l’idée mais dans un futur lointain.

Les réfractaires déclarent qu’ils n’utiliseront jamais internet directement

Parmi eux, seuls 65% sont réellement exclus d’internet, les autres sont majoritairement utilisateurs indirects et minoritairement réfractaires idéologiques.
Ceux que l’on peut appeler « exclus d’internet » ou « déconnectés » n’ont jamais recours à leur entourage pour utiliser ou être informés sur internet (même si 60% d’entre eux disent avoir plusieurs internautes dans leur entourage), ils ont une mauvaise connaissance d’internet, de ses principes techniques et contenus, ils n’ont pas de confiance en eux techniques et perçoivent internet comme complexe voire très complexe, ils ne sont pas équipés et pensent qu’internet est inutile pour eux dans leur vie quotidienne. Ils ont une attitude ambivalente face à internet et aux TIC, rarement tout à fait négative.
Ce sont en majorité des seniors, retraités, sans activité. Ceux qui travaillent et appartiennent à cette catégorie sont le plus souvent employés ou ouvriers.

Les utilisateurs potentiels distants déclarent ne pas s’intéresser à internet pour le moment mais ne refusent pas l’idée d’être connectés un jour s’ils en éprouvent le besoin ou si leurs proches ne le font plus pour eux.

Les utilisateurs potentiels distants sont globalement un peu plus jeunes que les réfractaires, sont encore en activité, ont souvent un enfant au foyer, sont mieux équipés en TIC. Ils ont une confiance en eux moyenne même s’ils ont une connaissance faible des techniques et contenus d’internet et redoutent la complexité de l’utilisation.
Pour plus de la moitié d’entre eux internet est utile et ils ont en majorité une vision positive d’internet et des TIC. Ce sont pour la plupart des pragmatiques qui ne sont pas pressés d’utiliser internet mais savent qu’ils finiront par le faire, ou parce qu’ils n’auront pas le choix ou parce qu’ils finiront par en éprouver le besoin. On trouve aussi dans cette catégorie des personnes qui manifestement ne se connecteront jamais sans une incitation extérieure très forte mais qui ne souhaitent pas rejeter internet de façon trop radicale.

Les 10% de quasi-utilisateurs devraient augmenter le nombre des internautes l’année prochaine.

Ils sont majoritairement âgés de 30 à 44 ans et de 15-29 ans.
Ce sont des employés, des ouvriers, des cadres et des professions intermédiaires. Leur niveau de formation va du CAP/BEP à l’université en passant par le niveau bac.
Cette catégorie est la plus représentée parmi les non internautes dont l’entourage est connecté, qui ont déjà utilisé un ordinateur, qui sont favorables voire très favorables aux nouveautés technologiques, et qui pensent qu’internet leur serait utile dans leur vie quotidienne. Elle est aussi représentative de ceux qui ont bénéficié antérieurement d’un apprentissage d’internet par observation d’autrui, qui ne trouvent pas cet outil compliqué, et qui bénéficient d’un bon niveau de connaissance technique.

3. Les leviers pour développer l’intérêt pour internet, accompagner le désir de connexion, l’adoption et l’utilisation indirecte

Il n’existe pas d’actions de sensibilisation et d’accompagnement qui pourraient convenir à l’ensemble des non internautes. Chaque catégorie de non internautes a des caractéristiques et des besoins spécifiques en termes d’accompagnement.

  • L’aide financière à l’équipement : elle est nécessaire pour les populations les plus défavorisées économiquement mais insuffisante. Le coût d’équipement n’est pas le principal facteur lié à l’intention de connexion (à la question « si on vous donnait l’argent nécessaire à l’achat d’un ordinateur et d’une connexion, que feriez vous ? », la majorité des personnes rencontrées répondent qu’elles feraient tout autre chose avec cet argent).
  • Les formations : l’enquête montre que l’option majoritairement choisie par les non internautes est celle de la formation individuelle avec un proche (40%), suivie de la formation individuelle avec un spécialiste (24%, essentiellement des femmes), le cours collectif avec un expert n’intéresse que 12% des non internautes et l’auto formation, « sur le tas » moins de 10%. Le manque de confiance en soi technique et le manque d’intérêt pour internet incitent peu les non internautes à souhaiter une formation avec un expert et ce sont généralement les femmes qui sont intéressées par ce type d’accompagnement. Il peut être envisageable, au vu de ces constats, de réfléchir à des modèles qui inciteraient les internautes avertis à dispenser leurs connaissances d’internet (contenus, navigation, techniques) à leur entourage proche.
  • Les points d’accès publics comme lieux de sensibilisation, d’apprentissage et d’accompagnement et comme alternative à la connexion à domicile : ils sont très peu connus des non internautes qui ne les fréquentent pas, n’expriment pas l’intention de le faire, les perçoivent plutôt mal (un peu ringard, intimidant) et ne les envisagent pas spontanément comme des lieux de formations et d’apprentissage accompagné. Pour la plupart l’utilisation d’internet se confond avec l’équipement et la connexion à domicile. Les points d’accès publics pourraient pourtant répondre à plusieurs freins évoqués par les non internautes : la présence proche d’un expert pour rassurer dans la manipulation technique et aider à la navigation, la sensibilisation aux contenus et services en ligne, la formation, la possibilité de tester avant de s’équiper à domicile, enfin, pour ceux qui ne souhaitent pas utiliser eux-mêmes ces lieux pourraient proposer des services de requêtes sur internet.
  • Sensibiliser en informant sur les contenus et services proposés en ligne : une majorité de non internautes déclare internet inutile pour eux mais montrent une très mauvaise connaissance des ressources disponibles. A la question qu’est-ce qui pourrait vous inciter à utiliser internet, une des réponses les plus fréquentes est « une meilleure connaissance des contenus et services disponibles ». Une sensibilisation à l’usage d’internet, pour les personnes au réseau social peu connecté ou aux usages limités, doit passer par une information sur les contenus proposés en ligne et une clarification des offres de connexion. Une sensibilisation mettant l’accent sur la confiance en soi technique et montrant notamment des utilisateurs d’internet aux caractéristiques proches des non utilisateurs et les ressources en ligne qui les intéressent serait alors souhaitable.
  • On sait depuis les années 1940 (Lewin, 1947) que l’information, la sensibilisation et l’accompagnement par les pairs, dans le cadre d’échanges, sont bien plus susceptibles de modifier les comportements que la contrainte ou la réception passive d’informations médiatiques ou de discours d’experts. Les individus sont également d’autant plus enclins à modifier leurs comportements que des personnes qui leur ressemblent ont adopté le changement avant eux avec succès. Aujourd’hui les médias et la société se représentent et mettent en scène un internaute de la classe moyenne ou des classes favorisées, jeune cadre dynamique utilisant les technologies numériques au travail et pour ses besoins personnels, ou une nouvelle génération élevée avec l’informatique, naviguant avec une grande facilité sur internet dans le cadre de ses études ou pour des chats interminables entre amis. Les populations non internautes, majoritairement plus âgés et issues des classes populaires ne se retrouvent pas dans ses images – clichés qu’on leur donne à voir, parce que ni les profils ni les usages ne leur correspondent. Cette vision d’internet et de ses utilisateurs génère de l’exclusion et de l’auto-exclusion et freine largement l’adoption.

    Les freins les plus communément évoqués par les non internautes sont le manque de visibilité sur l’intérêt d’internet pour eux, le manque ou l’absence d’expérience de l’ordinateur et l’angoisse technique qui en découle, l’impossibilité de tester avant de franchir le pas seuls.

    L’action publique doit permettre d’accompagner – au vrai sens du terme – l’apprentissage progressif de l’ordinateur et d’internet. En informant différemment et plus largement sur les contenus et service disponibles en ligne et en proposant des espaces d’apprentissages et de découverte d’internet plus attrayants. Enfin, pour ceux – les plus âgés –qui ne souhaitent pas s’investir dans l’apprentissage d’internet est trop lourd, il faut d’une part les informer bien plus sérieusement sur ce qu’internet pourrait leur apporter, d’autre part proposer des services d’utilisation indirecte dans les lieux d’accès publics. Il s’agit ici de permettre aux catégories qui n’utiliseront jamais elles-mêmes et qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas s’appuyer sur leur réseaux social, de bénéficier malgré tout des contenus et services disponibles et également de modifier la perception commune et partagée selon laquelle l’ère du numérique est réservée aux autres et qu’ils en sont exclus.



     
    © 2006 - 2008 - GREC/O Conception, Réalisation - Access Sites - contact@access-sites.com
    Crédits | Mentions légales Accueil | Inscrivez-vous | Contact